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Aides publiques à l’emploi et développement des pratiques sportives

L’emploi, associatif n’est pas viable sans aides publiques et ne favorise pas la pratique

Le ministère des sports vient de rendre public un rapport de l’Inspection Générale qui conclut à l’absence d’effet des politiques publiques d’aide à l’emploi sur le développement de la pratique sportive. Beaucoup d’informations utiles sont à trouver dans ce rapport dont Localtis fait la présentation (suivre le lien). On peut aussi télécharger le rapport ici.

Sans surprise les auteurs concluent que sans aides publiques ces emplois ne seraient pas viables, qu’ils ont coûté cher et qu’ils n’ont eu qu’un effet limité sur le développement de la pratique sportive. Tout au plus soulignent-ils que le mouvement sportif a bien joué le jeu de la création d’emploi dans le cadre des politiques de lutte contre le chômage.

Au passage, on est étonné de la faiblesse de l’outil statistique mis en place par le ministère sur ces questions et sur lequel les rapporteurs sont bien obligés de s’appuyer. Mais bonne nouvelle, les dispositifs ont permis de pérenniser nombre d’emplois (24 700 ).

Des aides qui ont maintenue l’offre d’activité sportive et créé de l’emploi

On regrette  que les auteurs de ce rapport n’aient pas examiné l’hypothèse inverse. Quels effets l’absence d’aides publiques aurait-elle eue sur les pratiques sportives ? Car on peut imaginer que les aides ont contribué au maintien d’une offre sportive– ce qui n’est déjà pas mal — et soutenu l’emploi -même aidé. Rien aussi sur l’effet déstructurant de ces emplois sur le tissu associatif. Car on observe que le recrutement d’un salarié déresponsabilise les solidarités existantes au sein de l’association, ce qui la met en danger quand elle est conduit à licencier.

Financer des emplois qualifiés, soutenir des projets territoriaux

Au final les auteurs proposent un recentrage des aides de l’Etat sur des programmes ciblés. Une manière de justifier, compte tenu des ressources disponibles et prévisibles, un désengagement auquel tout le monde s’attend ? Sans doute.

Soulignons une ouverture nouvelle du rapport : cibler les aides à l’emploi sur des postes qualifiés. Sortir de la priorité donnée aux exécutants et aux programmes généraux. En filigrane cela permettrait de sortir des politiques d’emploi (qui visent le nombre)  pour basculer vers le soutien à des projets territorialisés  en recrutant des chefs de projets, des agents de développement. Il ne s’agit plus seulement de créer de l’emploi, mais de financer des personnes et des territoires capables de créer de l’activité, elle-même créatrice d’emploi.

Faire évoluer les structures du mouvement associatif

Les rapporteurs ne disent rien sur l’atomisation du mouvement sportif en petites structures. Ils rapportent que les effectifs moyens des associations sont d’un peu plus de 100 adhérents en moyenne alors qu’il en faut plus du double pour pérenniser un emploi. Encore ce chiffre est-il une estimation basse, très variable suivant les sports et en fonction des critères que l’on se donne. Par exemple pour qu’une association puisse avoir une structure permanente pérenne (accueil, gestion des moyens communs, coordination des activités) c’est au moins 1 000 adhérents qui sont nécessaires.

On en est loin et les freins sont nombreux. Sans doute pour éviter le reproche d’ingérence les auteurs évitent d’aborder cette question. Elle les aurait certainement conduit à souligner le rôle des fédérations disciplinaires qui freinent les regroupements de clubs multisports et entretiennent des identités fédérales fortes (clientélismes ?).

Ces pourtant de ces évolutions structurelles que le sport a besoin. Développer la pratique suppose de diversifier l’offre au sein d’une structure. De s’adapter à le demande locale, au territoire. De passer d’un sport géré du haut à un sport construit du bas. Et si l’Etat donnait l’exemple ?

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