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2020 : zéro phyto pour les terrains de sport

Label zero phyto Région bretagneL’Assemblée nationale a adopté définitivement la proposition de loi  visant à instaurer le « zéro phyto » dans les collectivités locales. Une mesure qui concerne les espaces de sport y compris les terrains de grand jeux.Les délais relativement longs d’application – six ans pour le zéro phyto dans les collectivités et huit ans pour l’interdiction de ces produits à la vente en jardinerie – s’expliquent par plusieurs facteurs. En particulier, il s’agit de donner aux collectivités le temps de réorganiser leurs services et de former les agents à de nouvelles techniques.

Zéro phyto un mouvement déjà bien engagé

Cette décision ne constitue pas une révolution, puisque près de 40% des collectivités auraient déjà cessé d’utiliser les pesticides et que partout on s’emploie à réduire les doses employées, ne serait-ce que parce que les produits coûtent cher et que ainsi on réalise des économies. L’entretien sans pesticides est  un avantage reconnu des terrains synthétiques et cette nouvelle mesure devrait contribuer à leur généralisation.

Le zéro phyto impose de repenser entièrement la conception et la gestion des terrains

S’il est facile, et sans doute nécessaire de prendre une telle décision, en mesure-t-on les conséquences ?  Dans la profession on estime qu’il est possible, par des mesures de gestion raisonnées, de diminuer de 20 % les quantités de produits utilisés. On sait aussi que pour passer à 50 % il sera nécessaire de réexaminer complètement les modes de réalisation et de gestion des terrains de grand jeux. Quelles solutions mettre en oeuvre quand ces produits seront totalement prohibés ? 

Dans le cadre des labels zéro phyto de la région bretagne, des retours d’expérience montrent que l’utilisation de moyens mécaniques permettent de remplacer les produits. Mais cela au prix d’interventions beaucoup plus nombreuses : aération tous les deux mois, décompactage et défeutrage tous les ans au lieu de tous les trois ans.

La durée de vie d’une pelouse de terrain est en moyenne de 20 années. Les choix de semences ont à l’époque été réalisés en tenant compte de l’utilisation de produits phytosanitaires. Pourra-t-on toujours les maintenir en l’état après interdiction ? faudra-t-il réensemencer les pelouses ?

Combien coûtera le zéro phyto ? 

Au final quel sera le coût de cette mesure quand on sait qu’il y a plus de 30 000  terrains de grands jeux en France ? Cette mesure ne viendra-t-elle pas une nouvelle fois charger la barque des fédérations dont les activités se pratiquent sur ces surfaces ? Il y a quelques années, le ministère de l’intérieur imposait l’installation de systèmes de vidéo surveillance dans les stades dans le cadre de la lutte contre le hooliganisme. Adoptée par le parlement dans le consensus, cette mesure s’est imposée aux fédérations qui ont logiquement demandé aux collectivités d’installer ces systèmes. Ce qui a provoqué un tollé, compte-tenu du coût de ces installations. Que se passera-t-il quand les collectivités feront face aux factures des nouveaux modes de gestion ou des investissements de transformation des équipements existants ? Il est à craindre qu’on se trouve à nouveau devant une telle situation.

Soumettre cette mesure à la CERFRES avant de l’adopter ?

Si cette mesure avait été proposée par une fédération elle aurait du être examinée dans le cadre de la CERFRES sur la base d’une notice d’impact. A cette occasion on aurait pu mesurer les tenants et aboutissants de cette décision et conduire les concertations nécessaires avec les collectivités territoriales qui en seront les financeurs. Est-il utopîque de souhaiter la mise en oeuvre de telles procédures à l’occasion d’une loi comme celle-ci ?

Une mesure définitive qui pèsera sur le CNDS

Bien que n’étant passé qu’une seule fois devant les deux Assemblées, la proposition de loi est bien adoptée définitivement. Elle a en effet – cas rare – été votée dans les mêmes termes par l’Assemblée nationale et le Sénat, ce qui évite une seconde lecture.

Nul doute que dans six ans on (re)découvre qu’elle s’applique de plein droit aux terrains de grand jeux et que de nombreuses communes engagent des travaux de mise à niveau des terrains. Pour les financer ils se retourneront alors vers le CNDS qui une nouvelle fois devra jouer le rôle de pompier. Espérons qu’il sera en capacité de le faire.

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